Véritable problème de santé publique, la consommation de substances psychoactives fait l’objet de nombreuses campagnes de prévention. Alors que certaines mutuelles développent des forfaits annuels pour accompagner les bénéficiaires dans la réduction de leur consommation, la pratique sportive s’avère elle aussi être un atout.

Décembre et fêtes de fin d’année riment bien trop souvent avec excès. Si les campagnes de prévention aux dangers de l’alcool s’enchaînent, la consommation excessive et les accidents sont encore bien présents. Selon l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (Onisr), en 2023, on comptait en moyenne neuf morts par jour sur les routes de France, or, seize personnes ont perdu la vie en l’espace de 24 heures, lors du réveillon de la Saint-Sylvestre. Le facteur stupéfiants est aussi plus présent dans les accidents en période de fêtes. « Les 1ers janvier matins 2022, 2023 et 2024, 40 % des décès sont intervenus à l’occasion d’un accident où au moins un conducteur était positif aux stupéfiants », relate l’Onisr, un résultat supérieur à la moyenne de l’année 2023 qui s’élève à 18 %.
Des chiffres certes plus élevés que le reste de l’année en raison de cette période de fêtes, mais qui attestent aussi de la situation en France. La consommation de substances psychoactives – qui regroupent les drogues licites (tabac, alcool, antidépresseurs…) et non licites (cannabis, cocaïne…) – est un véritable problème de santé publique. D’après l’Institut national de recherche et de sécurité (Inrs), le tabac est la première substance psychoactive consommée en France : 27 % de la population des 18 à 75 ans fument chaque jour. L’alcool arrive en deuxième position avec près de 24 % des 18 à 75 ans qui boivent au-delà des seuils de consommation à moindre risque (deux verres par jour maximum et pas plus de dix verres par semaine). S’en suivent les médicaments psychotropes puis le cannabis.

Faire du sport pour activer le circuit de récompense
Chaque année, un certain nombre de consommateurs envisagent de réduire voire d’arrêter leurs diverses dépendances. Janvier approche et certains évoquent notamment le « dry January », qui consiste à ne pas boire d’alcool pendant tout le mois. Loin d’être évident, le processus d’arrêt d’une addiction doit être accompagné par un professionnel de santé. Pour accompagner cette réduction de consommation, la pratique du sport s’avère être un atout de par le soutien physique et mental qu’il apporte. « La pratique sportive peut être intégrée en complément d’un travail plus global sur sa dépendance pour aider à l’arrêt d’un comportement addictif ou à maintenir l’abstinence », approuve Camille Gallinari, médecin du travail, addictologue et coach sportive pour Santé addictions.
Globalement, faire du sport va permettre de déclencher les mêmes réactions dans le cerveau que fumer une cigarette, boire un verre d’alcool ou tout autre produit ou comportement addictif. La pratique sportive va provoquer une sécrétion d’endorphines et de dopamine et ainsi activer le circuit de la récompense. Toutefois, seule une pratique régulière permet de retrouver des capacités d’adaptation à l’effort et de ressentir un bien-être physique et mental. Souvent, les conditions physiques sont diminuées voir perdues à cause d’une consommation excessive. Il est fréquent que les débuts soient difficiles et que l’envie de baisser les bras arrive rapidement.

Pour éviter cela, il est préférable de commencer par choisir une activité que l’on aime et qui est facile à intégrer à son planning. S’inscrire dans une salle de sport peut être une bonne option qui permet de tester plusieurs disciplines tout en ayant plus de choix sur les horaires. Si opter pour un sport cardio ou du renforcement musculaire apporte une grande sensation de bien-être, les activités douces peuvent aussi être de bonnes options. « On sait que les personnes qui ont des problématiques addictives ont des symptômes dépressifs et des troubles anxieux importants. La méditation de pleine conscience a montré son efficacité. Elle permet d’apaiser son stress et aide à se réapproprier son corps, son mental et ses émotions, et à développer ou retrouver une confiance en soi », explique Camille Gallinari.
Des forfaits annuels proposés par certaines mutuelles
La reprise doit être progressive, mieux vaut s’y remettre tranquillement et tenir sur la durée que de se fixer des objectifs trop élevés qui ne seront pas atteignables dans l’immédiat. Faire du sport sans pression en étant indulgent avec soi-même sont les clés de la réussite. Se retrouver entre amis ou en groupe autour du même intérêt peut aussi permettre de se motiver et de se faire soutenir. C’est également un bon moyen de faire des rencontres et de se créer un environnement plus favorable pour éviter de reprendre sa consommation.
Les activités sportives peuvent être réintroduites dans le quotidien à partir de stages. On l’ignore souvent, mais le système public français de soins pour personnes dépendantes est l’un des plus importants d’Europe. Et lorsque la Sécurité sociale ne prend pas en charge certains frais, plusieurs complémentaires santé proposent des formules intéressantes quant aux séjours en cure de désintoxication privée et remboursent très bien le séjour, les traitements médicamenteux et le suivi psychologique. L’accompagnement se poursuit généralement après la cure puisque des mutuelles proposent des conseils de spécialistes joignables par mail ou par téléphone.
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Alors que certains spécialistes comme AG2R La Mondiale et CCMO Mutuelle s’en tiennent à des campagnes de prévention, d’autres proposent des formules spécifiques dans leurs prises en charge. Dans sa complémentaire santé à partir du niveau 2, Groupama propose un forfait annuel entre 40 et 100 euros selon l’option choisie, appelé « sevrage tabagique », prescrit non pris en charge par le régime obligatoire, sur ordonnance donc. De leur côté, les adhérents de la Mutuelle santé Ociane Matmut bénéficient automatiquement d’un pack de garanties supplémentaires dont le contenu varie en fonction de l’âge. Les packs 16-28 ans et 29-54 ans donnent accès à un forfait annuel qui complétera la prise en charge de l’Assurance Maladie, permettant de réduire un peu plus les frais liés à l’arrêt du tabac.
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